2 octobre

2 octobre

La houle déferle sur le platier.

Après plusieurs jours de très beau temps et une mer calme, les conditions météorologiques se sont aujourd’hui rapidement dégradées. Déjà hier soir, nous avions essuyé un grain violent qui nous avait chassé du pont d’envol où nous prenions notre repas. Ce matin, il était facile de se rendre compte que le temps avait changé, il faisait gris et la pluie n’était pas loin.

Les plongées sur la faille ont commencé par le déblaiement habituel, aidé par la mise en place d’une deuxième dévaseuse. Cependant, nous avons pris la décision de ne pas chercher à déplacer les gros blocs de corail qui nous gênent et en contrepartie d’étendre la fouille vers la zone B.

La seconde suceuse améliore le rendement mais, sur le ponton, la présence de deux motopompes et du générateur électrique, nécessaire aux preneurs d’images, a pour conséquence un niveau sonore très pénible pour l’équipe de surface.

Le chantier a atteint la couche archéologique, de nombreux objets ont été mis au jour : balles de mousquet, pierre à fusils, tessons de porcelaine et de verre, bois… Nous avons beaucoup d’espoir pour demain, si les plongées sont possibles, car la seconde plongée de l’après-midi a dû être annulée à cause de la houle qui s’est formée.

La mer déferle sur le platier, avec un creux de près de deux mètres cinquante, et le trajet pour atteindre le site est mouvementé. C’est un peu frustrant car la dernière équipe de plongée a commencé à trouver des objets en place dans le sédiment.

   

Pierres de lest trouvées à terre.

Rufino, l’un des archéologues terrestres, a rapporté à bord du Dumont d’Urville les pierres de lest trouvées hier. Ce sont des poids de filet d’environ 10 cm de diamètre et de moins de 450 grammes, très similaires à ceux de Polynésie française.

Nous avons eu la visite de plusieurs pirogues. L’une d’elles était très large, permettant à deux personnes de pagayer côte à côte sur le banc de nage. Elle est restée tout l’après-midi à faire du troc, un T-shirt contre un coquillage, un masque de plongée contre une sculpture, un collier ou un pamplemousse…

Des mélanésiens, sur leur pirogue, venus faire du troc.

Nous l’avons vu arriver de loin, de la pointe sud de l’île, trois jeunes hommes et un enfant pagayant contre le vent. L’arbre dans lequel la pirogue a été taillée devait avoir un diamètre de plus de deux mètres. Il est vrai que la forêt de Vanikoro recèle des arbres merveilleux et parmi ceux-ci, des Kaori.

Le départ de la pirogue fut spectaculaire. Ayant gréé une voile à livarde sur deux frêles espars, l’embarcation a rapidement pris de la vitesse. Le barreur gouvernait son embarcation avec une pagaie maintenue contre le flanc, tenue en haut avec la main et sur la lisse de plat bord avec le pied !

 

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