1er octobre

1er octobre

Bloc instable.

Une partie de la zone A du chantier sous-marin est maintenant fermée depuis deux jours. Outre le gros bloc de corail que nous n’avons pas réussi à déplacer, nous émettions depuis quelques jours des craintes quant à la stabilité d’un morceau de la falaise de corail. En effet, à deux mètres au-dessus de la zone de fouille, une grande fissure n’avait pas échappé à l’œil averti du photographe sous-marin de l’équipe.

Plan du site de la faille

La décision fût prise avant-hier d’interdire toutes activités dans cette zone avec l’inconvénient d’amputer le chantier de cinquante pour cent de sa surface. Pour pallier cet inconvénient, la zone de travail a été étendue vers la zone B, fouillée en début de la campagne.

La taille du bloc instable n’étant pas connue, les avis étaient partagés sur la solution à adopter. Fallait-il ou pas faire tomber ce gros bloc ? N’allait-on pas, en provoquant l’éboulement, risquer de condamner l’ensemble du site ? Finalement, la résolution a été prise ce matin de faire tomber le bloc.

Ceux qui étaient restés à bord du Dumont d’Urville attendaient avec impatience les résultats de l’opération. La palanquée suivante a retrouvé la faille dans un immense nuage de poussière. Le bloc, finalement détaché, a soulevé une grande quantité de sable en percutant le fond. Sur une bonne partie de la faille, la visibilité est restée très mauvaise durant un long moment. L’opération s’est finalement bien passée et il n’a pas fallu beaucoup d’efforts pour que le bloc de corail bascule. Les craintes étaient fondées et, pour la sécurité des plongeurs, il fallait impérativement faire cette opération.

Aujourd’hui, sont arrivés de Santo (Vanuatu), une journaliste de RFO Nouméa et l’archéologue terrestre Jean Christophe Galipaud. Ce dernier participe aux fouilles depuis plusieurs campagnes. Au cours de la synthèse du soir, il nous a fait part de sa satisfaction de voir combien les travaux à terre avaient avancés. Comme pour saluer son arrivée, une série d’une dizaine de poids de filet de pêche à tortue ont été découverts dans un sondage. Ce sont des disques de pierre d’une quinzaine de centimètres de diamètre, percés en leur centre. Ce type de lest est courant tant dans les îles du Pacifique que dans d’autres bassins océaniques. Ils sont parfois encore utilisés de nos jours, comme c’est le cas dans les Caraïbes.

 

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