Les Fouilles

La Boussole – Campagne

La campagne Vanikoro 2008 s’est déroulée du 15 septembre au 15 octobre, avec une présence effective sur le site du 20 septembre au 12 octobre. Les recherches subaquatiques se sont concentrées sur le site de la Faille, où sont situés les vestiges attribués à La Boussole. Une première intervention menée en mai 2008 avait permis d’enlever une partie des blocs de corail recouvrant le chantier ainsi qu’une importante concrétion métallique qui empêchait l’accès à certaines couches archéologiques.

La mission avait pour objectifs de fouiller le pied de la falaise nord, d’explorer la zone devenue accessible après le dégagement de la concrétion centrale et de prospecter le récif situé dans le prolongement de la faille. Les recherches devaient permettre de découvrir de nouveaux objets liés à l’expédition et de recueillir des éléments susceptibles d’éclairer les circonstances du naufrage.

Quelques chiffres

Plongées
0
Journées de travail subaquatique
0
Jours sur place
0

Fouiller la Faille

Les espaces de vie à l’arrière du navire

D’après la superposition théorique de La Boussole avec le fond de la Faille, la zone A correspondrait à l’arrière du navire, où se trouvaient les logements des officiers, des savants et probablement la cuisine. Déjà exploré lors de précédentes campagnes, ce secteur a nécessité l’évacuation d’importantes quantités de sédiments et de blocs de corail. La fouille y a livré de nombreux objets liés à la vie à bord et au voyage, notamment des pierres à fusil, des balles de mousquet, des pièces de monnaie, des fragments de verre et de porcelaine, des récipients en cuivre, une médaille de 1781 et plusieurs objets amérindiens. Des pièces de bois ont également été observées, sans pouvoir être identifiées avec certitude comme des éléments de la structure du navire.

Le secteur du lest, près du grand mât

La zone B se situerait, selon la même reconstitution théorique, à proximité du grand mât. Elle était restée inaccessible lors des campagnes précédentes, protégée par une importante masse de barres de fer oxydées et concrétionnées. Leur dégagement lors de la mission préparatoire de mai 2008 a permis d’étudier les couches inférieures. Les plongeurs y ont découvert 2 groupes de gueuses de lest en fer, des pierres prismatiques, de nombreuses perles de verre ainsi qu’une grande ancre dont un seul bras demeure visible. Malgré la présence de bois très dégradé, aucune partie certaine de la charpente n’a été identifiée. Une partie de la structure pourrait toutefois subsister sous une épaisse couche de corail, hors de portée de la fouille menée en 2008.

Lancement de la campagne et départ de Nouméa

Le Dumont d’Urville appareille de Nouméa à 14 h 30, après la conférence de presse de lancement de l’opération.

15-16
septembre
2008
Appareillage du Dumont d’Urville de Nouméa
Arrivée à Vanikoro

Le navire franchit la passe de Bruat et rejoint le lagon de Païou. Le matériel est débarqué et les premières installations sont mises en place.

20
septembre
2008
Le BATRAL s'engage dans la passe
Premières plongées sur la Faille

Les plongeurs découvrent le site et commencent le déblaiement des zones de fouille malgré des conditions météorologiques encore difficiles.

22
septembre
2008
Départ des plongeurs
Mise en place du chantier opérationnel

La plateforme, les motopompes et les équipements de fouille sont installés. Le déblaiement progresse et une grande ancre apparaît dans la zone du lest.

24-27
septembre
2008
Plateforme de plongée sur une mer d'huile
Premières découvertes marquantes

La fouille révèle une grande ancre dans la zone du lest, tandis que les prospections menées sur le récif permettent de découvrir un exceptionnel plomb de sonde de grand fond pesant environ 47 kg.

28
septembre
2008
Plomb de sonde
Interruption des opérations

Une forte houle et des vents atteignant 35 nœuds imposent l’arrêt des opérations sous-marines pendant 3 jours.

2-5
octobre
2008
Bourrasques de 30 à 35 noeuds
Reprise de la fouille

Les plongées reprennent et la couche archéologique est confirmée. Une médaille représentant Louis XVI et Marie-Antoinette ainsi que plusieurs objets amérindiens sont mis au jour.

6-8
octobre
2008
Médaille commémorative
Fermeture du chantier et départ

Après les derniers relevés et les dernières photographies, la fouille est remblayée, le matériel est remonté et la mission quitte Vanikoro.

10-12
octobre
2008
Dernière plongée avec les cinéastes

Comptes-rendus des fouilles

Mission Vanikoro 2008

- Journaux de bord

Le voyage vers les épaves de l’Astrolabe et de la Boussole, situées sur le récif de l’île de Vanikoro dans l’archipel des Salomon, commence par une première étape à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie.

Après un long trajet depuis Tahiti, j’atterris à l’aéroport de Tontouta. Le contraste entre les deux territoires est saisissant. Tahiti apparaît comme une haute montagne plantée dans l’océan, tandis que la Nouvelle-Calédonie s’étend sur près de 500 kilomètres et présente des paysages beaucoup plus vastes et variés.

Parti le 12 septembre à 6 heures du matin, j’arrive sept heures plus tard, mais le 13 septembre à 10 heures. Une situation qui fournira une bonne question pour le concours pédagogique en ligne organisé avec la Direction des enseignements secondaires de Polynésie française.

Après une demi-heure de route depuis l’aéroport, Nouméa apparaît. Mon chemin me conduit directement au musée de l’Histoire maritime de Nouvelle-Calédonie, que je découvre pour la deuxième fo

Le lieu a beaucoup évolué depuis ma première visite, à la fin des années 1990. À cette époque, ce n’était pas encore un musée, mais un lieu de rencontre pour les membres des associations Salomon et Fortunes de Mer.

C’est dans le cadre de mes études d’archéologie, lors d’un travail consacré à la poterie, que j’avais rencontré pour la première fois mes homologues calédoniens. Jean-François Galipaud, archéologue terrestre de l’IRD, m’avait encouragé à prendre contact avec l’association Salomon. La Pérouse avait en effet collecté des récipients en terre cuite au cours des différentes escales de son voyage.

Les relations nouées à cette occasion se sont poursuivies au fil des années et aboutissent aujourd’hui à ma participation à l’opération Vanikoro 2008.

Après cette visite, je m’assure que le Dumont d’Urville est bien à quai. Ce bâtiment de la Marine nationale doit nous conduire jusqu’à Vanikoro et servir de navire-base pendant toute la mission.

En parcourant le front de mer de Nouméa, appelé ici « les baies », je remarque également plusieurs pièces d’artillerie côtière datant de la Seconde Guerre mondiale.

Cette première journée se termine par une nuit de repos bien méritée. À la fatigue du voyage s’ajoute celle accumulée pendant les semaines, voire les mois, consacrés à la préparation de la mission et du concours pédagogique.

Demain, une rencontre est prévue avec Florence, une enseignante de physique qui mène avec ses élèves un remarquable atelier scientifique autour des objets découverts à Vanikoro.