Question sur un naufrage : Que s’est-il passé après l’escale de Botany Bay ?
Comment est-il possible que les deux navires soient venus faire naufrage presque au même endroit ?
La réponse à ces questions est la clé du « mystère » Lapérouse.
Lapérouse écrit, lors de son passage en Australie, qu’il se voit comme un vieillard fatigué. Il ne le dit pas, mais il était très certainement atteint par le scorbut, malgré toutes les précautions qu’il avait prises, s’inspirant en cela de l’expérience du capitaine Cook.
Quand les deux bâtiments français arrivent dans la baie qui deviendra plus tard celle de Sydney, nos marins pensaient trouver un port et une communauté britanniques déjà en place.
Au lieu de cela, ils trouvent au mouillage des navires de transport de bagnards qui viennent d’arriver. Les escales de l’expédition française sont nécessaires pour faire l’avitaillement en eau et se procurer des vivres frais. C’est un moment où l’équipage et les officiers peuvent se reposer, où les malades sont transférés à terre, mais aussi une période importante pour effectuer les grosses réparations des navires. A certaines escales, des chaloupes sont parfois même construites par les charpentiers du bord pour remplacer celles qui ont été perdues.
La fouille bat son plein.
Mais en Australie, la déception est grande : la baie qui avait été décrite par Cook comme un havre de paix est certes un bon mouillage pour une escadre mais est inappropriée pour les besoins de l’expédition
Il est fort à parier que les deux navires partent sans que les équipages aient pu prendre un repos salutaire. Qu’en nombre insuffisant, officiers et équipage aient été très affaiblis par la maladie et la fatigue de leur très long voyage.
Que s’est-il passé au cours des escales suivantes ? Le contact avec les populations a-t-il été conflictuel ?
Fouille dans la faille.
Toujours est-il que les deux navires sont venus se perdre sur le récif de Vanikoro, à quelques encablures d’une vraie passe dans le récif et de l’accès à un plan d’eau abrité.
La faille livre, tout le long de la journée, des objets : perles de verroterie, balles en plomb, pierres à fusil, plaques de plomb pour les réparations, tessons de poterie chinoises et d’autres provenances, pieds de verre, « boîte » en cuivre, objets ou partie d’objet et d’instruments de mesure, lest en pierre ou en fonte, petits récipients en verre…
Les dessins d’objets remplissent les cahiers.
Les premiers signes de fatigue des plongeurs apparaissent, notamment en raison de l’agressivité pour les oreilles du sable corallien. La moindre égratignure doit être soignée surtout si elle a été faite avec du corail. Il faut aussi se méfier du soleil. Fort heureusement, le support médical de l’opération est très efficace. Si médecin et infirmiers interviennent en priorité pour la population, ils sont, bien entendu, à la disposition des plongeurs et des autres membres de la mission.