27 septembre

27 septembre

Devant la porte.

Pas une goutte de pluie aujourd’hui sur Vanikoro, mer d’huile !

Les premières plongées sont consacrées à l’évacuation de gros blocs de corail effondrés sur le site, dans la zone A. Il est nécessaire de les déplacer car ils nous empêchent d’accéder à la couche archéologique. Posés sur le sable ils vont descendre au fur et à mesure de l’aspiration du sédiment. Ils encombrent la zone et gênent la circulation des plongeurs.

Plateforme de plongée sur une mer d’huile

Pour les plus gros, c’est une opération délicate. Il faut les déplacer en utilisant des « parachutes » : nom donné par les plongeurs à des unités de levages gonflables capables, si leur volume est suffisant, de soulever des masses importantes. C’est une méthode efficace qui nécessite cependant du savoir-faire. Si le parachute est trop gonflé l’ensemble est emporté à une vitesse croissante vers le haut. Une fois en surface, il arrive que l’unité de levage sorte en partie de l’eau et se dégonfle, l’ensemble redescend alors rapidement vers le fond mettant en danger les plongeurs restés dessous.

Un autre danger guette le plongeur en cas de gonflage excessif, environné de bulles d’air, il peut être entraîné vers le haut sans s’en rendre compte et risquer une surpression pulmonaire.

Pour les blocs plus petits, on utilise des paniers en plastique que nous déplaçons avec un parachute. Nous faisons des allers-retours vers une zone de rejet définie au préalable.

Nos plongées durent une heure. Le site se trouve à 12 mètres, une profondeur modérée pour une plongée de loisir. Mais le déplacement des poids, le gonflage des parachutes, les efforts déployés font qu’au bout d’une heure, c’est le manque d’air qui nous contraint à remonter, plutôt que le temps de plongée écoulé. Pour dégager les fines particules, nous utilisons une suceuse alimentée, au moyen d’une manche à incendie, par une pompe à eau qui se trouve sur la plateforme en surface. Par un phénomène dit de « Venturi », un courant d’eau est créé qui aspire le sédiment et l’évacue au-delà de la zone de travail.

Utilisation de suceuse pour les fines particules.

Des objets commencent à apparaître et il faut maintenant être très vigilant pour ne pas aspirer des pièces archéologiques. Aujourd’hui, les objets remontés trouvés dans une couche de remblais au-dessus de la couche archéologique sont principalement des tessons de bouteille, de la porcelaine chinoise (achetée par la Boussole à Macao), des pierres à fusil, des perles de verroterie, des balles de mousquet en plomb…

Lest sur la zone B.

L’étude de la zone B où se trouve le lest est terminée. Il s’avère qu’aucun élément de la charpente du navire n’est visible à cet endroit car nous avons atteint la zone stérile. Une gueuse, qui paraît en bon état, a été sélectionnée. Elle a été placée à l’extérieur du site en attendant d’être remontée en fin de séjour. Elle sera alors prise en charge par les techniciennes du laboratoire de traitement et de conservation du musée de l’Histoire maritime de Nouvelle Calédonie.

Dans la zone A, nous devrions atteindre rapidement la couche archéologique, nous sommes à l’arrière de la Boussole, dans la zone des logements des officiers et des scientifiques. Nous sommes presque à leur porte. Demain va-t-elle s’ouvrir ?

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