28 septembre

28 septembre

Simon, en 2030.

Le petit Simon C. de 6 ans, en CP dans une école près de Brest, suit de très près l’expédition Vanikoro 2008. Il a envoyé un courriel à l’Association Salomon pour dire qu’il suivait l’évolution de l’opération tous les jours. En bas de son message, il nous demande de ne pas tout remonter de l’épave et d’en laisser un peu pour lui en 2030. Car, s’il travaille bien en classe, il souhaite pouvoir faire une expédition à Vanikoro. Nous avons exhaussé son vœu puisque sur une idée d’Alain Conan, nous lui avons laissé un message, deux balles de mousquet et une pierre à fusil au fond sur le site. Le tout se trouve dans deux récipients en verre dont l’étanchéité a été réalisée par un joint en silicone. En 2030, Simon le retrouvera en bon état. Pour que les récipients ne soient pas cassés ou déplacés, nous avons pris la peine de les placer sous le bec de l’ancre que nous avons trouvée, avec une gueuse de lest de chaque côté et une troisième par-dessus. L’endroit est parfaitement identifié et repéré sur un plan, notre futur archéologue sous-marin n’aura pas de difficulté pour les retrouver avec l’aide de nos archives dans 22 ans. Le rendez-vous est pris !

Laissons maintenant Simon à ses rêves. La journée a été marquée par une belle découverte.

En effet, il y a quelques années, des objets avaient été découverts sur le récif du côté lagon, dans des vasques, au-delà de la « faille ». Un des objectifs de la mission 2008 est de réaliser des prospections afin de rechercher des traces du drame dans tous les endroits possibles. Toute la matinée d’hier, une équipe a prospecté sur la crête récifale en profitant d’une marée basse. Des anomalies électromagnétiques ont été localisées. Et, aujourd’hui, elles ont fait l’objet d’une vérification systématique. Par bonheur, l’une d’elle s’est révélée positive : un plomb de sonde a été mis au jour.

Emballage de protection préparé avec minutie.

Un plomb de sonde est un poids que l’on mettait au bout d’un cordage étalonné pour mesurer la profondeur d’eau sous le navire. Au XVIIIème siècle, elle était mesurée en brasses (1,80 m), c’est-à-dire, comme son nom l’indique, la distance entre les deux les bras écartés. Il suffit de compter le nombre de brassées pour connaître la profondeur.

Plomb de sonde.

Pour des profondeurs allant jusqu’à 20 brasses, les marins utilisaient des plombs de sonde de 8 livres, environ 4 Kg, et de 20 à 100 brasses la masse de la sonde est de 15 livres, soit environ 7 Kg. Dans notre cas, le plomb de sonde fait XXXXXXXXXVI livres, 96 livres, soit 47 Kg ! La masse est inscrite dessus, en chiffres romains, encadrée par deux fleurs de lys. Il s’agit d’un plomb de sonde dit : « grands fonds ». C’est une découverte exceptionnelle. Une étude détaillée en archive s’impose.

Le chantier sous-marin se poursuit et livre de plus en plus d’objets et de tessons, ce qui indique que la couche archéologique n’est plus très loin.

Le chef du village nous a signalé les vestiges d’une épave d’une « barque », très certainement récente, nous irons voir ce dont il s’agit.

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