26 Septembre

26 Septembre

Ancre et aquarelle.

Dès l’aube, Michel Bellion, peintre de la Marine, profite de la lumière somptueuse du matin et de l’animation du départ des embarcations pour prendre ses pinceaux. Ce matin, tel l’arroseur arrosé, un cameraman filme sa peinture en train de s’élaborer.

Au réveil, la plaine côtière du village de Païou est nimbée d’une brume légère. Nous avons droit dans la matinée à un régime de grains passagers, mais la pluie laisse bientôt place au soleil. Ces courtes ondées sont les bienvenues, elles tempèrent les ardeurs du soleil et rafraîchissent un instant ceux dont la journée entière se passe sur l’eau.

Le chantier de la « faille » commence à livrer ses premiers objets. Dans la zone du lest, une ancre a été trouvée. Recouverte d’une très grosse concrétion elle n’avait pas jusqu’alors été détectée.

Les deux bâtiments de l’expédition étaient équipés à l’origine de 5 ancres, la plus grande devant avoisiner 4 mètres de longueur. Mais pour cette longue circumnavigation, une dizaine d’ancres supplémentaires avaient été embarquées. Ce nombre peut paraître élevé, mais le fait est que les ancres étaient souvent perdues. Dans leurs journaux de bord, les explorateurs : Cook, Bougainville, Wallis…, relatent la perte de leurs ancres, crochées sur des mouillages inconnus ou abandonnées pour appareiller d’urgence devant le mauvais temps.

D’après nos estimations, cette ancre, enchâssée dans le récif comme dans un linceul de corail, pourrait mesurer près de 4,10 mètres. Il pourrait s’agir d’une ancre de réserve rangée dans la cale près du grand mât. Mais, si elle n’était pas intacte, il pourrait aussi s’agir d’un lest. Il est en effet fréquent d’utiliser comme lest de vieilles pièces d’artillerie et des ancres usagées afin d’assurer la stabilité du navire.

Le catamaran Kalim fait route vers Lata pour faire une relève de personnel.

Demain, le coefficient de marée est important et nous comptons, à marée basse, aller inspecter à l’intérieur du récif des vasques qui se trouvent dans le cône de déjection des débris du naufrage.

Nous étudierons également le bois qui commence à apparaître, affleurant le corail, pour voir s’il s’agit ou non de la structure du bâtiment.

Nous avons aussi le projet de choisir et récupérer l’une des gueuses de lest en fonte de fer pour commencer un traitement par électrolyse.

Aujourd’hui, nous sommes presque à mi-parcours et le catamaran Kalim fait route vers Lata pour faire une relève de personnel.

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