Coutume.
Le chantier sous-marin avance bien, mais il ne doit faire oublier ni les travaux à terre, ni le volet humanitaire de l’opération Vanikoro 2008.
Trois médecins, une infirmière et deux dentistes accompagnent cette année l’opération. A tour de rôle, en fonction du planning des plongées et des tâches qui leur incombent, ils consultent, soignent, extraient des dents, traitent des maladies de peau… Un laboratoire pharmaceutique a offert une pommade à l’attention de la population qui est atteinte du tokalau, une maladie de peau endémique dont seuls les mélanésiens souffrent. La population polynésienne ou ticopienne en serait épargnée. Est-ce en raison du mode de vie différent des deux communautés ?
Clin d’œil à l’histoire, l’infirmière qui va au-devant de la population est curieusement une descendante de Fleuriot de l’Angle qui commandait l’Astrolabe.
Hier, les responsables de l’opération et les personnalités sont allés faire coutume à Ben Tua, le vieux chef de l’île, au village de Puma, situé au Nord de l’île. Faire coutume signifie rendre visite aux autorités locales pour leur demander l’« autorisation » de venir sur l’île et d’y travailler. Normalement, c’est la première chose qui aurait dû être faite en arrivant, mais le mauvais temps des premiers jours ne l’a pas permis. Toute la délégation a fait plusieurs heures de bateau dans le lagon pour rendre cette visite. En même temps, l’équipe médicale a pu intervenir.
Les travaux à terre ont pour objectif de retrouver les traces laissées par les survivants du naufrage des deux navires. Des vestiges ont déjà été trouvés, notamment en un endroit appelé le « camp des français » qui correspond très vraisemblablement à une zone où, durant des mois voire des années, les naufragés ont lutté pour survivre. Une survie difficile en raison du climat, il pleut 7 mètres d’eau par an, le taux d’hygrométrie qui avoisine 95% et les maladies endémiques, en particulier la malaria véhiculée par les moustiques qui prolifèrent.
Ces recherches, qui nécessitent d’abord de débroussailler la zone (un lourd travail), utilisent les méthodes de prospection sismiques et magnétométriques. Les deux méthodes sont cependant perturbées par la présence d’une multitude de pièces métalliques, laissées par une exploitation forestière qui s’est installée dans l’île à partir de 1920.
Le chantier sous-marin fonctionne maintenant à plein rendement, la plateforme positionnée au-dessus du site constitue une base de travail très efficace tant pour l’archéologie que la prise de vue sous-marine et nous donne un confort remarquable.