19 septembre

19 septembre

Arrivée à Lata où nous attendent les dernières formalités administratives La traversée a été bonne, le bateau a très peu bougé. Au réveil, aux premières heures de la journée, alors que tout le monde dormait encore, je suis sorti pour voir si nous n’étions pas déjà au mouillage. Il en était rien, le Dumont D’Urville glissait sur mer d’huile sans le moindre mouvement parasite.

Rassuré, je plonge à nouveau dans ma bannette pour quelles heures de somnolence qui me feront rater l’approche du volcan, l’entrée dans la baie et la mise à l’eau des ancres du navire … Le Dumont d’Urville a mouillé dans une grande baie entourée de terres boisée et ceinturé par une étroite plaine plantée de cocotiers. Le dépaysement n’est pas si grand en venant de Tahiti.

Rapidement dans le calme de la matinée naissante, les cris des enfants nous parviennent et des mouvements sur les plages se font sentir. Puis une, puis deux, puis quatre petites pirogues apparaissent avec à leur bord des jeunes et très jeunes enfants.

Les pirogues sont monoxyles sans balancier, propulsées avec la pagaie élancée, elles peuvent recevoir un mât (un étambrai et un pied de mât sont visibles), des protubérances à l’intérieur peuvent supporter des bancs de nage, pas toujours présents. Celles qui sont venues nous rendre visite sont brutes avec les traces des outils de tailles, une seule porte des traces de peintures bleues mais pas récentes. Mais elles sont assez bien réalisées et les parois sont fines, de l’ordre de 2cm pour les flancs.

Une embarcation pneumatique est mise à l’eau afin que les responsables de la mission et le commandant du navire puissent rencontrer les autorités compétentes pour régler les dernières formalités administratives de l’opération.

Des douaniers et des agents des services phytosanitaires montent à bord afin d’effectuer les vérifications du bateau, de son équipage puis des civils. Les pirogues sont plus nombreuses que le matin et le troc commence : des sculptures, des arcs, des coquillages, des colliers s’échangent contre des tee-shirts et des babioles.

Le premier ministre des Salomon doit venir à bord à l’heure du thé ce qui laisse à penser que nous appareillerons cette nuit …

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