Louis Turle qui fut membre du GRAN jusqu’en 2012 nous quitté à son tour, il a été inhumé à Cuers le 23 septembre. Guy Martin et Philippe Bisciglia représentaient le GRAN. L’éloge funèbre, cité ci-après a été prononcé par Phillpe Thomann.
Mesdames, Messieurs,
Chers amis,
Chère famille,
Nous sommes tous là pour dire adieu et rendre un dernier hommage à un homme d’exception : Louis TURLE, dont le parcours de vie, marqué par l’engagement, le savoir-faire et le service, force l’admiration et le respect.
Je ne vais pas égrener sa carrière professionnelle car c’est un peu comme le roman de Jules VERNE « le tour du monde de Phileas FOGG », il faudrait 80 jours …mais simplement relater les périodes les plus marquantes.
Dès l’âge de 14 ans, Louis commence sa longue carrière au sein de la DCAN – Direction des Constructions et Armes Navales à Toulon. Déjà, à cet âge tendre, il démontre une passion rare pour le travail bien fait et une rigueur qui ne le quittera jamais. Il obtient son diplôme d’apprentissage dans la Marine, première pierre d’un édifice professionnel qu’il construira tout au long de sa vie avec une ténacité exemplaire, résolument tourné vers la grande bleue.
A 20 ans, il est appelé sous les drapeaux et effectue son service militaire en Allemagne et en Afrique du Nord. Là encore, il sert avec honneur durant 3 années.
À son retour à la vie civile, il reprend sa spécialité de charpentier jusqu’en 1962. Mais c’est à partir de cette date qu’il va inscrire son nom dans la grande histoire de la Marine et des chantiers navals.
Envoyé en poste à Diego Suarez, à Madagascar, Louis prend la tête du service des bassins de la DCAN. Il dirige avec brio les opérations de carénage pour les bâtiments civils et militaires dans l’Océan Indien.
Visionnaire et homme d’action, il crée le groupe de travaux sous-marins malgaches et mène de nombreuses opérations de renflouement, devenant un acteur incontournable du monde maritime local.
Rentré à Toulon fin 1969, Louis continue d’exceller au sein de la DCAN en tant qu’adjoint au chef de service des bassins. Pendant plus d’une décennie, il conduit des opérations impressionnantes par leur complexité et leur technicité.
On lui doit notamment le renflouement du cargo ANNE BEWA, le changement à flot de l’hélice du super pétrolier SEVEN STAR, le renflouement de l’OLYMPIC SUN, ou encore le déséchouement du paquebot AZUR.
Que ceux que je ne cite pas ici me pardonnent, et surtout toi, cher Louis — la liste est bien trop longue !
En 1983, il est nommé responsable du Service des Bassins de la DCAN de Toulon.
Il crée alors un groupe de travail inter-ports pour les interventions en milieu hyperbare, rayonnant sur Toulon, Brest, Lorient, Cherbourg et jusqu’à Papeete.
Chef de la spécialité des plongeurs scaphandriers, président du groupe de travail de la DCN – Direction des Constructions Navales pour le milieu hyperbare, il continue, malgré ses hautes responsabilités, à intervenir directement sur le terrain, de l’INPP – l’Institut National de la Plongée Professionnelle jusqu’en Arabie Saoudite, en passant par la Polynésie.
En 1993, Louis prend sa retraite… enfin, une retraite toute relative.
Car loin de se retirer du monde, il choisit de transmettre. Il œuvre dans le milieu associatif, notamment au sein du GRAN, le Groupe de Recherche en Archéologie Navale, comme chef d’opération. Il conseille l’INPP, donne des conférences, réalise des films pédagogiques et publie des ouvrages maritimes, dont son magnifique livre « De Diego-Suarez aux Tuamotu », témoin de son attachement profond à la mer et à ceux qui la vivent.
Fidèle participant aux réunions mensuelles et autres activités de la section Var du Mérite maritime, Louis, notre « DOCK MASTER » nous délectait de ses récits et histoires maritimes : nous vivions ses narrations, l’émotion était palpable et nous sentions les frissons monter en nous.
Louis était un homme de cœur, de devoir et de transmission. Il laisse derrière lui une trace indélébile dans la mémoire maritime de notre pays, mais surtout dans celle de tous ceux qui ont eu la chance de le côtoyer ou de le croiser.
Son engagement fut reconnu par la Nation :
- Chevalier de l’Ordre national du Mérite ;
- En 1983, il est nommé Chevalier du Mérite Maritime puis promu Officier du Mérite maritime en 2005 ;
- Médaille d’Or de la Défense nationale ;
- Médaille commémorative et ancien combattant d’AFN ;
- Médaille de bronze des Sciences et Technologies.
Adieu Louis,
Ton sillage restera longtemps visible et ton nom, inscrit dans la mémoire des hommes et des mers, continuera de résonner comme celui d’un plongeur d’exception, d’un serviteur de la Marine, et d’un homme profondément humain.
Philippe THOMANN
Vice-président de la Fédération Nationale du Mérite Maritime – section Var
Le mardi 23 septembre 2025