Fin de partie.
Le rangement du matériel a déjà commencé.
Demain, il ne sera plus possible de transmettre des messages car les installations de communication vont être démontées.
A 7h30, les dernières directives pour la journée sont données.
Il faut prendre des photos de la structure découverte à terre et terminer la fouille dans la zone n°11 du site sous-marin. Mais il faut aussi démonter la ligne de base, remonter tous les outils qui traînent au fond : parachute, bacs, cordages, plaquette, puis refermer la fouille : les blocs qui se trouvent à proximité sont roulés sur le site, le sable des talus sert aussi à le remblayer, et il faut enfin utiliser la dévaseuse pour renvoyer les déblais tirés de la fouille vers leur emplacement d’origine.

Dernière plongée avec les cinéastes.
A notre retour, toutes les installations qui se trouvaient sur le pont du Dumont d’Urville ont été démontées et nous sommes surpris du nouvel aspect du BATRAL. La tente sous laquelle nous nous réunissions n’est plus là, la trappe de la cale est ouverte et la grue fait des va-et-vient entre le pont milieu et la cale dans les entrailles de laquelle disparaissent caisses, cantines, tuyaux de toutes sortes, filet de matériels divers et variés.
Pour l’instant, c’est le petit outillage qui est rangé, mais demain, ce sera le tour des pompes, des bateaux en aluminium, de la plateforme de travail, du ponton. Tout le monde est réquisitionné pour mettre de l’ordre dans le hangar du BATRAL pour éviter la cohue et le désordre au moment du déchargement à Nouméa. L’arrivée est prévue pour mercredi dans la matinée…
Le Dumont d’Urville dans le lagon en face du village de Paiou.
C’est le moment de tirer un premier bilan de cette opération.
A terre, nos collègues ont utilisé, à la limite de leur possibilité, tous les matériels de détection : radars, magnétomètres, sondeurs de sédiment et autres technologies de pointes afin de vérifier toutes les hypothèses qui avaient été envisagées. Une structure en pierres ajustées fait penser à une influence extérieure. Mais des survivants, aucune trace, où ont-ils vécu ? Que leur est-il arrivé ? La question reste posée.
Les médecins, dentistes et infirmières n’ont pas chômé. Des dizaines de consultations et de soins dentaires ont été dispensés chaque jour. Des centaines de kilogrammes de médicaments ont été donnés aux dispensaires. L’un des dispensaires a même été entièrement remis en état.
La faille où gît l’épave de la Boussole depuis 220 ans.
Enfin, sur le site de « la faille », l’épave de la Boussole a encore livré une partie de ses secrets. Le plus dramatique est cette feuille de cuivre de deux mètres carrés et de plus de 100 kilogrammes froissée et pliée qui illustre la violence du choc du navire sur le récif. Les plus remarquables sont les objets amérindiens collectés lors des escales nord-américaines. Ces objets se situent entre deux mondes car ils évoquent à la fois le voyage de Lapérouse et les lointaines tribus de l’Alaska sur lesquelles les européens posaient un premier regard.
Chaque campagne de fouille apporte ainsi de nouvelles données pour essayer de comprendre les derniers instants du navire et aussi de faire revivre l’extraordinaire expédition scientifique.
Souhaitons qu’une nouvelle série de missions pourra se mettre en place dans les années à venir.