Voir les dessins des élèves de Semoy

"Actu" du forum

  • Vous trouverez en pièce jointe la réponse que M. B. David, Président du Muséum .national d'histoire naturelle, nous a adressée en réponse à notre lettre du 21 février 2019. Nous sommes très heureux de cette mise au...
  • Par max
    Posté le 05 Mar 2019
    Présentée par Stéphanie Gallet, RCF a diffusé lundi 4 mars l'interview : Max Guérout et l'exposition "Tromelin, l'île des esclaves oubliés" MG
  • Par max
    Posté le 25 Fév 2019
    Béziers, le 21 février 2019 M. Bruno David Président du muséum national d’histoire naturelle 57 Rue Cuvier, 75005 Paris Monsieur le Président, votre...
  • L'Advisory Council of Underwater Archaeology (ACUA) vient de publier un article faisant le bilan des recherches effectuées en baie de Saint-Pierre (Martinique) : Guibert Guérout Serra 2018 : GUIBERT (Jean-Sébastien), GUEROUT (Max), SERRA...
  • Le 15 novembre 2018, Joë est intervenu devant une classe de première du Lycée Alexis de Tocqueville à Cherbourg, pour parler de l'histoire des "esclaves oubliés" et des missions archéologiques effectuées à Tromelin . Parmi une vingtaine de...
  • Le Musée du Louvre présente du 26 septembre 2018 au 1er juillet 2019, une exposition intitulée : L'archéologie en bulles. Cette exposition présente deux des planches de la BD que Sylvain Savoia a consacré à la fouille de Tromelin (Chapitre :...

Le carnet de la mission 2013 [ordre chronologique inversé]


26 septembre 2013
Les yeux sont fixés sur la mer pour voir les baleinesLe dessin sélectionné de la classe de Semoy


La journée a commencé sans presque un souffle de vent, c’est la première fois depuis le début de notre séjour. La mer est calme et les baleines, qui semblent se plaire dans les eaux de Tromelin, s’ébattent à petite distance du rivage. L’une d’elle et son petit nous ont offert hier, à l’heure du repas de midi, un festival de cabrioles impressionnantes, sautant plus qu’à moitié hors de l’eau pour retomber dans une magnifique gerbe d’écume.

L’absence de vent a une contre partie : il fait beaucoup plus chaud et le travail devient plus pénible.

La topographie détaillée du site et de ses environs s’est activement poursuivie, pendant que nous continuons à fouiller le très gros amas de cendres où a été découverte avant-hier la pièce portugaise. A ce propos nous devons une rectification, si l’info concernant l’identification nous a été envoyée par Edouard Jacquot, c’est à Anne-Laure Dijoux que nous devons d’avoir rapidement déniché la réponse.

Avec Bako, nous fouillons la cendre et en peu de temps nous sommes devenus de véritables charbonniers.

Près d’une vingtaine de coquilles de bénitiers sont extraites et un nombre impressionnant de clous de toutes dimensions. Nous ne sommes pas loin de l’endroit où a été construite la forge par les marins de l’Utile, et le nombre de clous indique sans doute que c’est le bois de charpente du navire qui a alimenté le feu. Malgré tout, la forge elle-même nous échappe toujours.

Cependant l’information qui nous intéresse le plus est que la forge a été utilisée comme foyer par les Malgaches après le départ des Français, en témoignent les fragments de cuivre et une ébauche de cuillère retrouvés, mêlés à la cendre.

Dans l’après-midi, le secteur de fouille est encore agrandi et une nouvelle pièce de monnaie est trouvée alors que la pelle mécanique est toujours en action.

Cette fois l’identification ne va pas être simple car elle est très usée. La pièce en cuivre a un diamètre de 26 mm, on y distingue Philippe peut-être suivi de V, le contour d’un écu au centre surmonté d’une couronne. La frappe est très excentrée et les lettres sont un peu coupées d’un côté. Philippe V fut roi d’Espagne de 1700 à 1746. Cela nous renvoie peut-être à nouveau à l’un des marins espagnols embarqués à bord de l’Utile. 

Nous avons choisi de présenter dans le journal l’un des dessins de la classe de CM2 de Semoy reçu ce week-end, il n’est malheureusement pas signé. Nous attendons de connaître son auteur. Il a été choisi à la fois pour son évocation du naufrage avec les esclaves enchaînés dans la cale, mais aussi pour sa qualité artistique.

Max Guérout