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Les méthodes de recherche

Généralités

Si une prospection systématique a pour but de rechercher des épaves et de les localiser avec précision, elle doit aussi permettre d'en démontrer l'absence dans une zone donnée.

Ce dernier objectif est beaucoup plus difficile à atteindre qu'il n'y paraît. La notion d'épave est en effet relative, une absence de détection peut tenir non seulement de la taille de l'épave elle même (plus précisément à la masse de fer qu'elle représente), mais également de la précision des senseurs et des paramètres adoptés pour la recherche : précision de la navigation, sensibilité du magnétomètre, bruit de fond du signal, hauteur du magnétomètre au-dessus du fond, espacement des passes, vitesse, fréquence de répétition du signal émis.

Pour évaluer le taux de couverture obtenu vis à vis d'une cible donnée, on doit donc pouvoir disposer non seulement d'un relevé des routes mais aussi des paramètres adoptés pour la recherche.
Le matériel utilisé comporte un magnétomètre SMM II (Thomson Marconi Sonar - GEOMAG) associé à un système de navigation du type GPS différentiel et un sondeur dont les données sont gérées au moyen du logiciel d'hydrographie (Hypack de Coastal Oceanographics) installé sur un ordinateur (PC).

Cette gestion informatique est doublée d'un recueil manuel. Chaque anomalie est enregistrée à la fois sur un enregistreur graphique et sur un journal de bord. Sont ainsi relevés : le n° du profil, la route suivie, l'heure, le n° repère de l'anomalie, la position en latitude et longitude du navire, l'amplitude du signal, l'immersion de la sonde (poisson), la vitesse.

Par ailleurs, un autre ordinateur comportant une carte "scannée" de la zone et un programme de navigation permet de suivre la navigation, d'enregistrer les données manuelles et de les restituer sur une imprimante. Les données de positions de ce système sont fournies par le récepteur d'un second GPS.

Les trois systèmes utilisés simultanément permettent d'une part, une grande sûreté, un suivi en temps réel des opérations, et d'autre part,une restitution et un traitement ultérieur des données recueillies. 

Pour essayer d'augmenter le rendement des recherches la fréquence de recueil des informations a été augmentée et portée à 2 Hertz ( au lieu de 1 ), soit deux enregistrements par seconde. La conséquence de cette modification permet une vitesse plus élevée du bâtiment. Cependant, nous avons été limités dans cette voie par les allures vibratoires du Langoz qui se situent aux alentours de 4 nœuds, ce qui a eu pour inconvénient de doubler le volume des informations recueillies et donc d'allonger les temps de traitement des données.

Le magnétomètre SMMII

Lmagnétomètre SMM II est un appareil utilisant la résonance nucléaire (effet Overhauser). Son intérêt réside dans le fait que la mise en forme du signal s'effectuant dans le poisson, le signal qui est transmis en surface est un signal numérique, beaucoup moins sensible aux brouillages qui affectent d'ordinaire les signaux analogiques. Le poisson, qui mesure 120 cm de long pour 13,5 cm de diamètre, est remorqué par un câble coaxial électroporteur, armé en fibre de Kevlar. L'ensemble exerce une traînée très faible sur le câble.
Une baie d'exploitation permet de gérer sur un écran retro-éclairé les informations transmises par le poisson, à savoir : la valeur du champ magnétique ainsi que la valeur de l'immersion du poisson et la visualisation des 15 à 20 dernières minutes de mesures.
Pour améliorer la détection des anomalies et l'analyse des signaux magnétiques, nous avions équipé le poisson du magnétomètre d'un dépresseur (aile 416 V de ENDECO). Ce dépresseur nous a permis de faire plonger le poisson de manière à le maintenir à une distance de passage comprise entre 5 et 20 m du fond. L'immersion correspondante a été réglée à chaque passe en fonction du profil désiré (5 - 10 - 15 et 20 m du fond).

Le logiciel Hypack

Le logiciel Hypack est un logiciel d'hydrographie qui permet de programmer une mission en choisissant les paramètres géodésiques, les limites de la zone de recherche, la nature des capteurs de position, les différents sondeurs. Non prévu au départ pour assurer la magnétométrie, il a été modifié à notre demande pour enregistrer les données du champ magnétique.
Le logiciel permet d'enregistrer en continu l'ensemble des données puis de les restituer sous différentes formes (point par point, par profil, par zone).

La restitution des données cartes

La restitution des données est effectuée par H. Blanchet (DRSM) qui utilise des logiciels spécialisés et qui permet de présenter l'ensemble des mesures sous différentes formes : cartes d'isovaleurs en deux dimensions, représentations en trois dimensions, représentations dites en éclairage rasant.

Max Guérout


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