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SUJET : Réponses aux élèves de 4ème de Cuers

Réponses aux élèves de 4ème de Cuers 05 Nov 2006 08:14 #448

  • sebastien
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Un grand bonjour aux classes de 4e 7 et de 4e 8 du Collège de Cuers.

Quand vous rentrerez de vacance nous serons proches de notre départ en effet, l'avion de l'Armée de l'Air vient nous reprendre le 8 novembre. Nous allons donc replonger dans le monde.

Nous sommes heureux que vous puissiez suivre nos recherches au jour le jour, il faut en remercier tout particulièrement Sébastien Eon qui depuis la Belgique, assure la mise en ligne des textes et des images que nous lui envoyons.

Après avoir douté, pendant toute la deuxième semaine de notre mission, de pouvoir trouver des vestiges significatifs de la présence des esclaves malgaches, les choses se sont éclaircies d'une manière inespérée avec la localisation d'une petite partie de l'habitation des esclaves, et surtout avec la mise au jour une série de récipients en cuivre portant la marque de leur travail.

Ces objets sont précieux, car les témoignages matériels de l'esclavage sont extrêment rares, d'abord parce que les esclaves vivaient dans le plus compet dénuement, mais aussi parce que l'abolition de l'esclavage survenant, on comprend qu'esclaves et maîtres aient détruit tout ce qui pouvait évoquer cette terrible période.

Voici les réponses à vos questions.


- les végétaux de l'île et les algues du lagon sont-ils comestibles?
Actuellement hors quelques espèces plantées par les météos, ne subsistent que deux plantes d'origine : le veloutier et le pourpier qui ne paraissent pas comestibles. Encore tout récemment poussait dans l'île une plante nommée Patate à Durand; dont les feuilles étaient consommées par les malgaches, il se pourrait que les esclaves aient consommé cette plante.

- le commandant Parker n'a-t-il vu que des croix et non des tombes?
Le Cdr Parker, parle d''alignement parallèles de pierre de 6 pieds de long qu'il interprête comme des tombes, mais pas de croix. En effet à cet endroit, occupé par les esclave après le départ des français, il ne peut s'agir que de sépultures de malgaches et il n'y a aucune raison pour qu'elles soient marquées par une croix.

- les corps ont-ils pu être immergés au lieu d'être enterrés?
La tradition est d'immerger les corps des marins morts en mer. Le corps enveloppé dans un linceul qui est lesté.

Dans le cas d'un naufrage, c'est très différent car la mer ramène les corps à la côte et il n'y a pas d'autre solution que de les enterrer.

Puisque nous abordons ce triste aspect des choses, nous avons distingué trois types de décés :

1 - Les marins et les esclaves noyés au cours du naufrage, qu'il a fallu enterrer rapidement soit sur la plage elle-même, soit sur ce que nous appelons l'arrière-plage. Nos recherches dans cette zone n'ont rien donné et c'est peut-être la première solution qui a été adoptée.

2 - Le décès d'esclaves pendant la présence des marins français, que nous estimons à plus d'une vingtaine. Nous pensions à une inhumation à proximité du campement des esclaves dont nous connaissions la position approximative. Nous fondions beaucoup d'espoir sur deux ensembles de blocs de corail de toute évidence construits de la main de l'homme, mais le sous-sol s'est révélé impropre à une inhumation, le "beach rock" apparaissant sous seulement quelques centimètres de sable.

3 - Le décès des malgaches pendant les quinze ans de présence sur l'île que nous estimons à 29. C'est de la tombe de ceux-ci dont parle très probablement Parker, qu'il situe "in the neighborhood" : dans le voisinage, aux alentours de leur habitation.


- les naufragés ont-ils aussi utilisé l'épave du centre de l'île pour construire leur embarcation?
Si on en croit le récit de l'écrivain du bord, c'est avec les restes de l'Utile que le navire de fortune a été construit. Non seulement le bois de l'épave a été utilisé mais aussi le fer. Une forge avait été construite pour adapter les ferrures de l'Utile aux besoins de la construction du petit bateau qui fut baptisé Providence. Les charpentes de l'Utile furent suffisamment importante pour alimenter le feu des naufragés pendant quinze ans (nous avons trouvé une grande quantité de clous de fer dans les cendres mêlées à du sable qui constituait le sol de l'habitation). Lors de la visite du Cdr Parker, des vestiges de la coque de l'Utile étaient toujours visibles.

Nous vous envoyons à tous notre amical salut

Max Guérout et toute l'équipe "Esclaves oubliés"
La ligne droite n'est pas forcément le trajet le plus direct
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