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SUJET : Réponses aux élèves de CM2 - Lavoisier de Orléans La Source

Réponses aux élèves de CM2 - Lavoisier de Orléans La Source 24 Oct 2006 05:06 #434

  • sebastien
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Bonjour à toute la classe de CM2 Lavoisier de Orléans La Source et à leur "maîtresse" Mme Sandra Mathely

Nous avons été très heureux de recevoir de vos nouvelles et sommes très contents de voir le nombre de questions que vous posez, il y en a bien sûr des centaines.

Voici les réponses à vos questions :

Jérémy, écrire sous l'eau est assez facile, nous avons une planchette en matière plastique blanche et nous écrivons avec un crayon à papier. Le crayon à papier est attaché par une ficelle. Seul réflexe à acquerrir, lorsque l'on perd son crayon, il ne faut pas regarder en bas mais en haut, parce que bien entendu il flotte! La rature est autorisée car nous n'avons pas de gomme. La planchette est nettoyée en surface avec une poudre à récurer.

La question est à poser aux requins ! Ou bien étant donné l'abondance de poissons il ne sont pas affamés, ou bien ils ne savent pas trop à qui ils ont à faire et sont prudents. En fait, il y a bien entendu plusieurs sortes de requins et ceux qui vivent au bord du récif (ils mesurent entre 1,5 m et 2 mètres de long) n'ont effectivement pas de souci de nourriture, de cette façon ils restent non agressifs.
C'est la manière dont nage le requin qui indique un danger éventuel, si il nage paisiblement il n'y a rien à craindre, s'il est par contre excité par la faim ou s'il sent quelque chose de comestible dans les parages (poisson blessé par exemple), sa nage devient saccadée et ses changement de direction deviennent brutaux, il vaut mieux alors se retirer sur la pointe des palmes. Les requins de pleine eau, en général plus gros, sont par contre beaucoup moins prévisibles et il vaut mieux ne pas cohabiter avec eux. Il faut garder à l'esprit que le requin est un prédateur et que de ce fait, être sur son territoire équivaut à prendre des risques, les attaques sont souvent liées à des facteurs particuliers tels qu'une blessure, perturbations dans l'eau, ou la simple curiosité du requin.

Les tortues sont protégées, il est interdit de les pêcher et à plus forte raison de prendre leurs oeufs. Nous préparons un petit texte sur les tortues vertes qui viennent toutes les nuits pondre sur les plages de Tromelin.

Sur Tromelin, comme sur la plupart des îles coralliennes : atoll ou comme à Tromelin dôme de corail, il est possible de trouver de l'eau "douce" en creusant suffisamment à distance du rivage. Le corail joue alors le rôle de filtre et l'eau de mer, certes saumâtre et trouble mais buvable, peut être recueillie. C'est cette eau qui a permis aux naufragés malgaches de l'Utile de survivre pendant 15 ans. Le puit creusé par les marins (que nous cherchons en vain) avait environ 5 m de profondeur.

On ne connaît pas le nom du père du bébé. Il y a peu d'informations sur les esclaves en général. Sans doute son père fait-il partie des derniers hommes partis trois mois avant le sauvetage final. Par contre, nous connaissons le nom de sa mère. En effet, après le sauvetage, le gouverneur de l'île de France : Maillart, recueille l'enfant, sa mère et sa grand mère qui font aussi partie des rescapés, puis sans doute sans trop demander l'avis de sa mère, il fait baptiser le petit bébé et lui donne le nom de Moïse (en référence à la Bible) et le prénom de Jacques qui est le sien. Nous avons retrouvé l'acte de naissance du petit garçon sur lequel figure le nom de la maman : Semiavou, ce qui en malgache veut dire : « celle qui n’est pas orgueilleuse » .

A début, je pense qu'ils ont utilisé les vêtements jetés par la mer sur la plage et les voiles du bâtiment pour se vêtir. Pour finir, il semble bien que les femmes aient réussi à tresser des plumes d'oiseau et à en faire des pagnes. La voile du deuxième radeau semble avoir été faite, elle aussi, de cette façon.

Il est improbable qu'ils se soient mangés entre eux, ils disposaient d'une source presque inépuisable de nourriture avec les tortues et les oeufs d'oiseaux, voire les oiseaux eux-mêmes. Ils semblent avoir aussi mangé les racines des veloutiers : je ne sais pas si quelqu'un s'est essayé depuis à ce régime.

Bien entendu cela variait selon le grade et la fonction, la solde du capitaine était de 200 livres par mois, mais je n'ai pas ici les chiffres exacts pour les autres membres de l'équipage. La solde n'était pas remboursée en cas de décès, par contre les officiers avaient le droit d'utiliser une petite partie du chargement du navire pour faire leur commerce personnel, cela s'appelait le "port permis". Si les officiers avaient de l'argent, ils l’investissaient pour faire ce commerce sinon, la Compagnie des Indes le leur prêtait mais ils devaient rembourser cet prêt au retour, avec les intérêts. Dans le cas du commandant de l'Utile : Jean de Lafargue, qui meurt de fièvre avant son retour à l'île de France après le naufrage, la somme prêtée plus les intérêts correspondants sont venus en déduction de son salaire et, au final, sa famille s’est trouvée dans l’obligation de rembourser à la Compagnie des Indes une somme relativement importante.

Max
La ligne droite n'est pas forcément le trajet le plus direct
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