Une moisson étourdissante

There are no translations available.

Une moisson étourdissante.

 
Vue d'ensemble du bâtiment
Crédit photo : Jean-François REBEYROTTE
 

Au briefing du matin, nous nous arrêtons sur la signification des vestiges mis au jour depuis le début de la semaine. Chacun mesure l’importance d’avoir découvert un site soudainement abandonné et resté dans l’état où il se trouvait à ce moment là, en novembre 1776.

Si au cours de la campagne précédente, cette considération avait reposé sur la découverte de quelques objets manifestement laissés en place au moment du départ des rescapés, il s’agit à présent d’un lieu tout entier, un petit bâtiment avec tous les objets qu’il contenait, encore à leur place, mais aussi devant et autour de ce bâtiment tout un espace, organisé, meublé d’objets. Quelqu’un parle de Pompéi de l’Océan Indien, bien sûr le mot est trop fort, l’endroit trop modeste,  mais c’est bien le même type de sentiment qui nous étreint tous.

Nous avons décidé de prendre notre temps pour documenter le mieux possible le site : photos, film, dessins et plan précis, aussi un peu pour savourer la force du spectacle et notre chance : le mur du bâtiment moderne a pris appui sur le mur nord du bâtiment XVIIIème et les destructions occasionnées par le creusement de ses fondations se sont arrêtées à seulement 50 cm.

 
  Empilement de récipients de cuivre et le triton
Crédit photo : Jean-François REBEYROTTE
Avant de prendre des photos, nous finissons par dégager l’entrée du bâtiment, une grande pierre plate sert de pas de porte. A l’extérieur, à droite de l’entrée, une grande bassine repose sur une pierre plate, elle devait probablement servir de réserve d’eau. Un peu avant l’entrée, à gauche cette fois, un foyer où se trouve un trépied en fer ; en nettoyant autour de ce dernier, apparaissent deux récipients en forme de coupe et une casserole en cuivre.

A l’intérieur, au fond du bâtiment, un foyer rectangulaire est délimité par des pierres plates posées sur champ, au dessus un gros anneau de fer fixé entre les blocs de corail servait de support aux récipients pendant la cuisson

Des récipients de cuivre sont empilés les uns dans les autres, le dernier contient un triton percé à son extrémité, et avec lequel nous essayerons bien entendu de produire un son.  
A mesure que le nettoyage avance, de petits objets apparaissent : hameçon, grosse cuillère, aiguilles, une cuillère confectionnée dans une porcelaine, l’un des grands plats en étain en recouvre un autre que nous n’avions pas vu hier.
La moisson est considérable et nous laisse étourdis.