Des idées et de l'huile de coude.

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Des idées et de l'huile de coude.

 
Yann croqué par Sylvain  

Yann a été croqué en père Noël par Sylvain, il faut dire que le pain, quelques gâteries et quelques bouteilles de rhum, qu’il nous a apportés, ont réchauffé l’atmosphère.

Nous sommes confrontés ce matin à un problème, il est évident qu’en mettant de côté tous les blocs de corail rassemblés au même endroit, il va nous manquer du sable à proximité du site pour remblayer les bâtiments. C’est sans compter avec l’imagination et l’énergie de l’équipe. Nous dégottons une brouette à la météo et avons tôt fait de mettre en place un chemin de roulement avec tout ce qui nous tombe sous la main pour relier un endroit où le sable est disponible en quantité (ça ne manque évidemment pas) et les endroits à remblayer.

L’exercice est passablement physique, mais nous avons maintenant l’entraînement nécessaire.

L’essentiel du site est recouvert en fin d’après-midi. Il nous faudra fignoler demain et nettoyer les abords en prévision de la visite du Préfet des TAAF et de l’Ambassadeur de France à Maurice qui nous sont annoncés pour le jour de la relève.

En regardant les uns et les autres pousser la brouette, je pense à un autre transport que devaient effectuer quotidiennement nos esclaves pour aller puiser de l’eau au puits et de le ramener à leur lieu d’habitation.

 
  Un chemin de roulement monté de toutes pièces
Crédit photo : YVH

Il n’est pas impossible qu’ils aient trouvé une solution proche de la notre. Il y a un sentier qui fait le tour de l’île, c’est un petit chemin qui a été nettoyé de tous les blocs de corail, pour permettre de s’y promener tranquillement ou, comme les plus courageux, d’y faire un « footing ». Mais en lisant le récit de l’ornithologue Layard, qui débarqua sur l’île en 1856, on trouve mention de ce chemin, voici la phrase : « Abandonnant nos spéculations, nous dirigeâmes nos pas pour regagner nos embarcations en suivant un large chemin, dégagé de toutes pierres, et minutieusement aplani. Pour quelle raison les pauvres naufragés ont-ils construit ce chemin ?

Peut-être leur commandant, un homme avisé, pensant que l’oisiveté engendrait, dans une telle situation, de sombres pensées, avait mis ses hommes au travail pour dégager ce chemin, mais pour y transporter quoi ?

Du bois provenant d’arbres jetés à la côte, des pierres jetées par les vagues pour construire leur maison, quoi !

Il avait certainement été utilisé car nous trouvâmes la roue brisée d’un affût de canon, gisant sur un tas de pierre. »

Il se trouve, du moins, que la partie du chemin qui va du lieu d’habitation au puits, et qui se trouvait dans le sud est de l’île a été aménagé par les esclaves.

La mention de la roue d’affût nous fait penser à un chariot pour transporter de l’eau, certainement fabriqué à partir d’un affût de canon (l’un d’eux avait été tiré hors de l’eau par l’équipage de l’Utile avec un canon pour essayer d’attirer l’attention d’un navire passant à proximité).

Le seul mystère qui nous reste à éclaircir et de savoir dans quel récipient était transportée l’eau. Dans les bassines de plomb ?  Dans ce cas, un chariot n’était pas de trop.