Sur le site de l'habitation d'origine

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- Sur le site de l'habitation d'origine -

 Le récipient formé de pièces rivetées.
 Crédit photo : Max Guérout
Après les découvertes d’hier, nous sommes encore sous le coup de la surprise.

Nous mesurons notre chance, car jusqu’à présent aucun des objets trouvés, même s’ils avaient été utilisés par nos malgaches oubliés, ne gardait directement leur empreinte et voici que plusieurs d’entre eux portent, et de quelle manière, la trace de leur énergie à utiliser jusqu’à leur extrême limite les maigres ressources dont-ils disposaient.

Ils sont porteurs de la trace de l’usure du temps sur la matière mais aussi, en une image saisissante, sur les hommes eux-mêmes.

 Fragment de bol en porcelaine de Chine
 Crédit photo : Max Guérout
Voici par exemple ce plat façonné avec des morceaux de cuivre, sans que l’on sache bien s’il s’agit d’un récipient usé maintes fois réparé ou d’un objet directement fabriqué avec des fragments de feuille de cuivre. Les morceaux sont rivés entre eux, et pour réaliser cette prouesse, car on suppose qu’ils disposaient de peu d’outils, nos naufragés ont fabriqué des rivets avec de petits morceaux de cuivre roulés, ensuite martelés dans les trous percés dans la feuille de cuivre.

Une feuille de cuivre plus épaisse, froissée sans doute par le naufrage, figure parmi les objets mis au jour, il s’agit probablement des restes du chaudron du bord, peut-être gardés comme réserve de matière première.

 Le mur de l'habitation d'origine
 Crédit photo : Max Guérout

Nous avons dégagé le terrain tout autour de ce qui reste du mur de l’habitation d‘origine, et nous avons maintenant la certitude que le bâtiment moderne a été construit sur les vestiges de cette habitation, utilisant en grande partie les blocs de coraux qui la composaient.

Au milieu de toutes ces destructions, nous nous estimons heureux de retrouver sur un mètre cinquante de longueur et cinquante centimètres de haut, les vestiges de ce mur, mais surtout, intact, le sol dont l’épaisseur a cru avec le temps.

Son analyse nous en dit un peu plus, mais ouvre une nouvelle série d’interrogations.

Thomas Romon distingue deux couches de sable mêlé à de la cendre, séparées par une couche de sable blanc : donc deux périodes d’occupation. Par ailleurs, le mur n’a été construit qu’à l’occasion de la seconde période d’occupation. Bien entendu, de nombreuses hypothèses peuvent être avancées, et chacun ne manque pas de proposer la sienne, mais il est probablement plus sage d’attendre le moment de rassembler tous les éléments du puzzle pour se prononcer.

 Nouvelle couvée de tortues prêtes pour le départ
 Crédit photo : Max Guérout
La journée se termine par l’éclosion d’une nouvelle couvée de tortues sur la plage, près de l’ancre de l’Utile. Toute l’équipe accoure et se rassemble pour assister à la ruée des petites tortues vers la mer. Après qu’aient émergé les premières têtes, yeux clos, immobiles, il se passe une vingtaine de minutes avant que toute la bande, répondant à un mystérieux signal, surgisse du sable avec une énergie intacte.

Tout comme le scénario déjà présenté lors d’une précédente journée, c’est encore plus d’une centaine de tortues qui sortent d’un seul élan et qui se ruent vers la mer. Le soleil est maintenant bas sur l’horizon, chacun de nous s’efforce d’accompagner la cohorte gesticulante qui s’égaye sur la plage, jusqu’à ce que les premières vagues la saisissent.