Découvertes de dernière minute


Le carnet de la mission 2010 [ordre chronologique]

Olivier le chef de station nous donne un sérieux coup de main  Vue aérienne du Bâtiment n°4 renseigné L'ensemble du secteur étudié dégagé  

L’étude du bâtiment n°4 est un véritable jeu de piste ; certains de ses murs sont parfaitement conservés, mais il comporte deux ouvertures pour lesquelles n’arrivons pas à déterminer s’il s’agit de véritables portes ou de pans de murs effondrés. Pour ajouter à la confusion, un fût rempli de béton a été mis en place lors de la construction de la station météo, servant ainsi d’ancrage à un hauban étayant un pylône.

Autour de ce fût, un second mur apparaît sans que nous sachions de prime abord s’il date de l’époque des naufragés ou de l’installation de la station.

Nous décidons dans un premier temps de démonter une partie de ce mur, et nous découvrons que le mur initial, en bon état, prolonge les murs déjà mis au jour, prouvant ainsi qu’il date également du XVIIIème siècle.

Le bâtiment d’origine a donc été modifié par nos Malgaches, mais pour une raison que nous ignorons encore.

Nous décidons alors d’aller plus encore à l'arrière du fût de béton, histoire de savoir ce qui s’y trouve.
Nous l’enlevons et nous découvrons assez rapidement, après avoir dégagé quelques pierres, une entrée en bon état avec sa pierre plate de seuil en place, bien que comblée par des blocs de corail. Nous voici à présent avec trois ouvertures possibles : une porte qui correspond à un état initial du bâtiment, et les deux autres qui pourraient bien avoir été ouvertes après obturation de l’entrée principale.

Nous ne réalisons pas encore tout très bien, mais voici que nos bâtiments se mettent à vivre et, avec eux, nos naufragés qui les construisent et qui les modifient, une nouvelle preuve, s’il était nécessaire, de la prise en main de leur destin.

Le dégagement des entrées nous donne aussi l’occasion de mettre au jour trois objets.

Le plus important est un briquet : une pièce métallique recourbée qui, passée autour des doigts, permet de frapper le silex. Nous en avions déjà trouvé un autre, avec un fragment de silex encore collé par l’oxyde de fer, dans le bâtiment n°5.

Voici qui nous fait faire un pas décisif  pour comprendre la maîtrise du feu par les Malgaches abandonnés.

Un autre objet, en cuivre épais, ressemble à un scalpel avec une lame triangulaire allongée et en manche obtenu en pliant la feuille de cuivre. C’est à coup sûr un outil mais dont l’usage ne nous paraît pas encore évident.

Pour conclure la journée, un gros tesson de céramique avec une glaçure vert olive à l’intérieur, provenant sans doute d’une jarre à huile, est découvert au même endroit.

Pendant ces travaux improvisés, le reste de l’équipe s’active à reboucher le chantier, le travail va vite et nous aurons pratiquement terminé demain ou après demain matin.

Au milieu de l’après-midi, nous avons aperçu depuis le bâtiment principal de la météo, une tortue sur la plage sud est, Jean-Michel et Jean-François vont voir, la tortue est morte.
Après avoir longé la plage, elle semble s’être arrêtée, épuisée à quelques mètres de la mer, assommée par la chaleur.
Ce soir l’équipe météo est allée l’enterrer sur la plage.