Questions à propos du hameau mis au jour


Le carnet de la mission 2010 [ordre chronologique]

Intérieur du bâtiment n°6 Tout le monde s'attèle à sa tâche Fouilleur couché 

Violente et brève averse à 5h30 aux premières lueurs du jour. L’eau étant rare on dit entre nous qu’il pleut des douches. Dès que le soleil sera haut, l’atmosphère sera lourde et humide.

Le « briefing » donne lieu à des échanges sur la situation. D’abord sur le programme, sachant qu’il va nous falloir une bonne semaine pour reboucher les sites ouverts, il ne nous reste donc que quelques jours de travail constructif. La discussion porte ensuite sur les problèmes à résoudre, en particulier la nécessité de mieux définir les limites du premier bâtiment trouvé cette année, qui a deux entrées possibles. Sur la signification du hameau que nous découvrons peu à peu, dont la conception de pièces imbriquées les unes dans les autres est contraire à la notion d’habitat individuel des Malgaches. On conçoit bien cependant que ces bâtiments serrés les uns contre les autres sont l’image de la protection mutuelle que cherchent à s’apporter les naufragés.

L’humidité attendue est au rendez-vous, le théodolite est mis en œuvre pour positionner tous les objets trouvés, puis Max aidé par Bako entreprend de faire un dessin de l’ensemble du site : habitat malgaches et bâtiments de la station météo situés dans la zone.

Jean-François continue à dégager le dernier bâtiment découvert. Ses dimensions sont modestes : moins de 2 x 2 m et nous nous étonnons de la somme de travail qu’a nécessité sa construction pour un si faible volume utile. Les couches supérieures sont remplies d’un sédiment très noir et d’un amas de blocs de corail et de « beach rock ». Imperturbable Jean-François poursuit le dégagement de la pièce. Sous les roches, une autre couche de sédiment noir contient toute une série de morceaux de fer : broches, clous, fers plats, crocs et surprise un trépied identique à celui mis au jour en 2008. Cette fois il n’est pas en place au-dessus d’un foyer mais jeté là après le départ des naufragés à une époque que nous avons beaucoup de mal à évaluer.

Les tamiseurs sont à l’œuvre pour nous aider à comprendre. L’intérêt de tous est tel, que l’on en oublie la pause habituelle. Le parement des murs intérieurs de ce bâtiment est différent de ceux observés ailleurs, il est formé de blocs de corail cassés en deux, la face cassée formant le parement du mur.

Aujourd’hui c’est l’anniversaire de Bako, nous avons fait mine de rien pendant toute la journée, mais elle aura droit ce soir à un gâteau d’anniversaire, avec bougies !