Reprise du travail, énigme des carapaces


Le carnet de la mission 2010 [ordre chronologique]

Chouque trouvée lors de la prospection à vue Christophe au tamis A l'ombre d'une bâche

La première semaine est toujours la plus dure, car il faut s’adapter aux conditions sévères du travail sur le terrain.
La journée de dimanche s’est donc écoulée à un rythme paisible, histoire de reprendre son souffle. On a remis un peu d’ordre dans le matériel, exploré plus attentivement les alentours, fait la lessive…. Il ne faut d’ailleurs pas longtemps ici pour que le linge sèche, le vent et le soleil sont les ingrédients les moins rares qu’ils soient.

Chacun occupe sa journée selon ses goûts : footing autour de l’île en suivant le sentier aménagé, balade le long des plages, ou sur la pointe nord. Ces derniers jours, poussée par un alizé musclé, elle s’est incurvée vers l’ouest.

Pendant l’été, pour assurer la sécurité des Transall, la piste d’aviation a été dégagée de quelques dizaines de mètres de chaque côté, les veloutiers qui s’y trouvaient ont été coupés. Thomas et Max en profitent pour faire une prospection à vue des deux côtés.

Une pièce métallique a été récupérée au Sud, au bord de l’eau, nous allons la photographier et la mesurer. Elle provient très probablement de l’épave que nous n’avons pas encore réussi à identifier, il s’agit du collier qui permet l’assemblage entre le beaupré et le bout dehors d’un voilier.

La journée de dimanche a bien entendu été marquée par un menu amélioré : côtes de bœuf grillées au bois de veloutier (rares sont les restaurants qui l’ont à leur carte, le veloutier… pas la côte de bœuf !) et îles flottantes parfumées à la vanille de la Réunion : un délice !

Lundi matin, il a fallu reprendre le rythme d’un travail plus dynamique.
Deux secteurs d’un mètre carré sont confiés à Bako, dans le sol archéologique de l’un des deux sondages effectués les jours derniers, de son côté, Christophe tamise le sédiment à l’ombre d’un cocotier.
Quant à Max, il dessine le secteur du bâtiment météo étudié la semaine dernière.
Une autre équipe fouille à l’est pour essayer de localiser un mur qui aurait pu être construit par nos naufragés.

Le vent a molli et tourné un peu vers l’est au 150, la température est presque la même, mais la ventilation des terrassiers a notablement diminué. Une bâche, mise en place par Philippe, protège quelques heureux élus.

Dans l’après-midi, les choses se précisent : dans son carré, Bako met au jour quelques clous, une grande cheville de fer et un manche de cuillère en cuivre. A l’est, le mur espéré apparaît, ce dernier prend bien naissance dans la couche archéologique.

En fin d’après-midi, nous ne pouvons pas encore dire s’il s’agit d’un mur intérieur ou d’un mur extérieur, mais l’espoir de localiser un nouveau bâtiment renaît.

Ce matin au « briefing », une question a surgi : « pourquoi ne trouve-t-on pas de têtes de tortues alors que nous trouvons de nombreuses carapaces ? »

Faut-il s’attendre à trouver une sorte de « cimetière des éléphants » ?